La production en série de l’avion russe de 5e génération Su-57 « Frazor » a commencé

La production en série de l’avion russe de 5e génération Su-57 « Frazor » a commencé

Durant l’été 2018, le programme russe d’avion de combat de 5e génération, le Su-57  » Frazor », anciennement appelé PAK-FA [Futur Système Aéronautique de l’Aviation du Front], semblait battre de l’aile, avec la remise en cause de la participation de l’Inde à ce projet et le manque de crédits pour en acquérir une soixantaine d’exemplaires à l’horizon 2020. Aussi, seulement 16 furent commandés.

Puis, moins d’un an plus tard, le ciel s’est éclairci… Le 15 mai dernier, le président russe, Vladimir Poutine, a en effet annoncé, depuis Sotchi, que 76 Su-57 « Frazor » allaient être finalement commandés afin d’en équiper trois « régiments » des Forces aérospatiales russes. Mais il n’avait pas précisé la date à laquelle le contrat relatif à cet achat serait signé. La veille, l’avion du chef du Kremlin avait été escorté par six de ces appareils à l’approche de la ville d’Akhtoubinsk qui, située dans la région d’Astrakhan, abrite un centre d’essais en vol.

Finalement, c’est lors du forum Armée 2019 que la commande de ces 76 Su-57 « Frazor » a été signée. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a alors expliqué que ce rebondissement avait été rendu possible par une baisse de 20% des coûts de production de cet appareil, dont le prix unitaire était alors estimé à 90 millions de dollars.

Puis, à l’occasion de son 80e anniversaire, le 29 juillet, le constructeur Sukhoï a annoncé qu’il venait de lancer la production en série du Su-57 « Frazor ». Ce qu’a confirmé le bureau du vice-Premier ministre russe, Youri Borisov.

« Un contrat d’État a été notifié lors du forum Armée 2019 par le ministère de la Défense à la société Sukhoï pour la livraison d’un lot d’avions de combat de 5e génération Su-57. Cette dernière a commencé à remplir ses obligations contractuelles », a-t-il assuré. Et d’ajouter : « Le premier avion sera livré au client avant la fin de 2019. »

Cela étant, la propulsion du Su-57 repose sur deux moteurs AL-41F1 Izdeliye 117, lesquels, a récemment souligné le magazine Air Fan, « posent pas mal de problèmes, notamment de pompage réacteur » [perturbation de l’écoulement de l’air à l’intérieur du réacteur, ndlr]. Aussi, ils seront remplacés, à partir de 2020, par deux réacteurs Lyulka Izdeliye 30, qui offiront une poussé de 17 tonnes [avec post-combustion] tout en étant 30% plus légers.

« Il va de soi que les forces armées ont besoin d’un Su-57 avec un seul type de moteur. À l’heure actuelle, le moteur de deuxième étape est testé à l’usine et nous allons en équiper un avion pour mener des essais officiels », a récemment indiqué M. Borissov.

Le premier vol d’un prototype de Su-57 a eu lieu en janvier 2010. Son développement n’a pas été sans aléas, un des appareils d’essais [T-50-5] ayant pris feu, ce qui faillit coûter la vie Sergueï Bogdan, le pilote de marque de ce programme. En outre, deux exemplaires ont été déployés pendant deux jours en Syrie, en février 2018, probablement pour tester leur signature radar et certainement pour envoyer un message aux clients potentiels [Inde, Chine, voire Turquie].

Selon les chiffres disponibles, le Su-57 affiche des dimensions imposantes [19,8 mètres de longueur pour une envergure de de 13,95 mètres et une hauteur de 4,74 mètres]. D’une masse au décollage de 35.000 kg, il peut voler à la vitesse maximale de Mach 2,42 pour un plafond pratique de 19.000 mètres. Son rayon d’action serait compris entre 2.150 et 3.500 km. Doté d’un « système de radars » associant des radars en bande L et en bande X, il dispose d’un canon de 30 mm en interne ainsi que 4 soutes d’armement [dont 2 sur les flancs pour les missiles air-air] et 6 pylones externes. Enfin, il devrait opérer aux côtés des drones de combat S-70 Okhotnik, encore en cours de développement.