le Pakistan prévient que la crise au Cachemire pourrait mener à un conflit nucléaire avec l’Inde

le Pakistan prévient que la crise au Cachemire pourrait mener à un conflit nucléaire avec l’Inde

En août, et conformément à ses promesses électorales, le Premier ministre indien, Narendra Modi a décidé de révoquer l’article 370 de la Constitution, c’est à dire l’autonomie du Jammu-et-Cachemire, une région revendiquée par le Pakistan car peuplé en majorité par des musulmans. Depuis, le couvre-feu y a été instauré et d’importants renforts militaires y ont été déployés.

Le Cachemire a été à l’origine de trois guerres entre l’Inde et le Pakistan [1949, 1965 et 1999]. Et depuis le conflit du Kargil [et surtout depuis que les deux pays sont devenus des puissances nucléaires], les tensions y restent vives, Islamabad ayant instrumentalisé des groupes terroristes [et jihadistes]. D’ailleurs, c’est ce qu’a encore sous-entendu Narendra Modi à la tribune des Nations unies, le 27 septembre.

Ce soutien s’étendrait aussi à l’État du Pendjab. La Force de sécurité frontalière indienne a en effet accusé le Pakistan de livrer des armes, des munitions et de la fausse monnaie à des activistes qui y sont présents comme ceux de la Khalistan Zindabad Force, via des drones de fabrication chinoise pouvant transporter jusqu’à 10 kg de charge utile.

D’après les médias locaux, des drones pakistanais auraient livré, à au moins huit reprises, cinq fusils AK-47, 24 chargeurs, des cartouches, des pistolets, 9 grenades et des téléphones satellites . « C’est un nouveau modus operandi du Pakistan pour faire passer en contrebande des armes, des munitions et des explosifs en Inde dans le but d’encourager le terrorisme. Nous avons activé nos forces pour surveiller de près le mouvement de drones le long de la frontière », a affirmé un responsable indien, selon India Today.

Évidemment, la décision de M. Modi au sujet du Cachemire a été très mal accueillie à Islamabad… Pour autant, il n’est pas question pour les autorités pakistanaises de privilégier l’option militaire. « Nous examinons plutôt des options politiques, diplomatiques et juridiques », a ainsi expliqué Shah Mehmood Qureshi, le ministre pakistanais des Affaires étrangères.

Quant au Premier ministre pakistanais, Imran Khan, il ne cesse d’accabler son homologue indien en lui prêtant l’attention de planifier un « génocide » de la population vivant au Cachemire. Et c’est ce qu’il a de nouveau fait lors de l’assemblée générale des Nations unies.

« Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang », a déclaré M Khan. « Il y a 900.000 soldats sur place, ils ne sont pas venus – pour citer Narendra Modi – pour la prospérité du Cachemire. Ces 900.000 soldats, que vont-ils faire? », a-t-il ensuite demandé.

On ignore d’où vient le chiffre avancé par Imran Khan, étant donné que New Delhi n’a jamais précisé le volume des effectifs militaires envoyés au Jammu-et-Cachemire. L’Indian Army compte environ 1,2 million de soldats d’active, auxquels viennent s’ajouter 950.000 réservistes.

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre pakistanais a ouvertement évoqué le risque d’une nouvelle guerre avec l’Inde.

« Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver », a en effet averti M. Khan. Et, soulignant que son pays est « fois plus petit que son voisin », il n’y aurait que des options : « Soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu’à la mort. »

« Que ferons-nous? Je me pose ces questions. Nous nous battrons », « et quand un pays nucléaire se bat jusqu’au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières », a enchaîné le responsable pakistanais. « Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier et c’est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces », a-t-il insisté.

Ce n’est pas la première fois que le Pakistan évoque son arsenal nucléaire en même temps que la situation au Cachemire. A priori, c’est un moyen d’attirer l’attention de la communauté internationale sur cette région… Or, pour le moment, les avertissements de M. Khan n’ont pas obtenu le crédit qu’il en attendait.

Quoi qu’il en soit, si la doctrine indienne repose sur le principe de non-emploi en premier de l’arme nucléaire, il n’en va pas de même pour le Paskitan.

« La doctrine nucléaire pakistanaise cible l’Inde comme unique objectif d’attaques nucléaires et se réserve la possibilité de l’utiliser en premier, et non à titre de représailles. Il s’agit d’une doctrine originale, qui ne vise pas à affirmer un statut de puissance. […] Cette position est fondée sur le fait que les forces indiennes conventionnelles sont largement supérieures à celles du Pakistan et que l’étroitesse de son territoire le rend très vulnérable. Elle n’a toutefois jamais été formalisée dans un document, les responsables pakistanais se contentant de déclarations pour entretenir volontairement l’incertitude sur le recours à leurs armes de destruction massive », relève en effet la Documentation française.

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