Un volontaire de 33 ans serait mort lors des essais d’un vaccin chinois

Un volontaire de 33 ans serait mort lors des essais d’un vaccin chinois

Alors que les équipes du géant pharmaceutique américain Pfizer semblent toucher au but, d’autres chercheurs connaissent des désillusions dans la découverte d’un traitement contre le coronavirus. L’autorité sanitaire du Brésil a ainsi annoncé lundi avoir suspendu les essais cliniques d’un candidat chinois au vaccin. L’Agence de vigilance sanitaire (Anvisa) a pris cette décision à l’encontre du « CoronaVac après un incident grave » constaté chez un volontaire le 29 octobre.

L’Agence n’a pas fourni de détails sur ce qui s’est passé, mais a indiqué que ce type d’incidents pouvaient inclure la mort, des effets secondaires potentiellement fatals, une invalidité grave, une hospitalisation et d’autres « événements cliniquement significatifs ». L’organisme public qui coordonne les essais vaccins au Brésil, l’Institut Butantan, s’est pour sa part dit « surpris » par cette décision.

Les candidats vaccins de Pfizer et Sinovac sont en phase 3 des essais, le dernier stade avant qu’ils n’obtiennent le feu vert ou non des autorités réglementaires. Les deux sont à l’essai au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie, avec plus de 162.000 morts.

Attaques contre la Chine

Le CoronaVac a été l’objet d’une bataille politique au Brésil entre l’un de ses plus grands partisans, le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria, et son principal adversaire politique, le président Jair Bolsonaro. Le chef d’Etat d’extrême droite a parlé du vaccin de Sinovac en disant qu’il venait de « cet autre pays », et a plutôt promu celui développé par l’Université d’Oxford avec la société pharmaceutique britannique AstraZeneca.

Le mois dernier, Bolsonaro a même annulé un accord d’achat de 46 millions de doses du vaccin chinois qui avait été annoncé par son propre ministre de la Santé. Evoquant « une Chine très discréditée » car « le virus y est né », le président a assuré que son pays n’allait « pas acheter un vaccin qui n’intéresse personne ». Lundi, Joao Doria avait par contre annoncé que les 120.000 premières doses de CoronaVac allaient arriver à Sao Paulo le 20 novembre. L’Etat de Sao Paulo a un accord avec Sinovac pour acquérir 46 millions de doses (6 millions produites en Chine, les autres au Brésil).

En attente des « vraies raisons »

Dans un communiqué, le gouvernement de cet Etat « regrette d’avoir eu connaissance de la décision par la presse, au lieu d’en avoir été informé directement par l’Anvisa », et espère avec l’Institut Butantan en savoir davantage sur « les vraies raisons de la suspension ». « Les responsables du gouvernement de l’Etat craignent que Bolsonaro utilise des décisions techniques pour retarder le calendrier de vaccination pour des raisons politiques », a rapporté le journal Folha de Sao Paulo, citant des proches de Joao Doria.