CEMAC : le compte d’opérations logé au Trésor français a généré des intérêts de 12,4 milliards

Les intérêts captés par la banque centrale des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale) sur le compte d’opérations logé au Trésor français ont culminé à 12,4 milliards de FCFA, au cours de l’année 2021.

En glissement annuel, cette statistique contenue dans le « rapport spécial sur le compte d’opérations » produit par les cabinets Mazars et ECA Ernst & Young, révèle une baisse d’un peu plus de 2 milliards de FCFA, soit 14,7%.

Pour rappel, en vertu de la convention qui lie les États membres de la Cemac à la France, relativement au compte d’opérations, cette sous-région doit centraliser au Trésor français 50% des devises générées par ses pays membres.

Ce placement est rémunéré au taux minimum de 0,75%, lorsque les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) sont en dessous de ce niveau, et de 1% lorsque la BCE propose des rendements supérieurs. En 2021, c’est le taux de 0,75% qui a été appliqué, apprend-on.

Au sein de l’opinion publique, le mécanisme du compte d’opérations suscite une vive polémique. L’idée largement répandue est que le placement d’une partie des avoirs en devises de la CEMAC et de l’UEMOA (zone franc) dans un compte ouvert dans les livres du Trésor français est un mécanisme de spoliation des pays de la zone franc par la France, dans le cadre des accords néocoloniaux.

Ce débat fait cependant très peu de cas du sort réservé aux autres 50% des avoirs en devises laissés à la gestion des États eux-mêmes, et sur lesquels très peu d’informations filtrent souvent dans les différents rapports officiels.