La Slovaquie se dit prête à fournir un système russe de défense aérienne S-300 à l’Ukraine… mais sous conditions

Le gouvernement turc n’a pas tort quand il affirme, pour justifier son achat de systèmes russes de défense aérienne S-400 « Triumph » auprès de la Russie, que d’autres membres de l’Otan disposent de tels équipements – certes moins évolués – de facture russe. C’est en effet le cas de la Grèce [qui a récupéré les systèmes S-300 acquis par la République de Chypre] et celui de la Slovaquie.

Or, Athènes envisage de se doter d’avions de combat F-35A [comme Ankara, qui en est désormais empêchée à cause de ses S-400] et, afin de remplacer ses MiG-29 « Fulcrum » de conception russe, Bratislava a passé commande de 14 chasseurs-bombardiers F-16 Viper. Ce que la Turquie n’est pas non plus certaine d’obtenir de la part des États-Unis.

Quoi qu’il en soit, et alors que l’Ukraine réclame des moyens de défense aérienne supplémentaires pour faire face à l’invasion russe, la Slovaquie n’est pas opposée à lui céder ses systèmes S-300. C’est en effet ce qu’a affirmé Jaroslav Nad, son ministre de la Défense, ce 17 mars, à l’issue d’un entretien avec Lloyd Austin, le chef du Pentagone.

« Nous avons discuté avec les États-Unis, l’Ukraine et d’autres alliés de la possibilité d’envoyer ou de donner le S-300 aux Ukrainiens et nous sommes prêts à le faire », a dit M. Nad. « Nous sommes prêts à le faire immédiatement, lorsque nous aurons un système approprié en remplacement », a-t-il cependant précisé.

Dans le cadre de l’Otan, l’Allemagne et les Pays-Bas ont déjà fait part de leur intention de déployer des batteries Patriot en Slovaquie qui, pour rappel, partage une frontière longue de près de 100 km avec l’Ukraine.

Mais une telle solution n’est apparemment pas satisfaisante pour Bratislava, qui voudrait pouvoir disposer de ses propres capacités de défense aérienne. D’où l’appel du pied aux États-Unis pour obtenir des systèmes Patriot.

Cependant, Lloyd Austin n’a pas voulu faire de promesse. « Je n’ai aucune annonce à vous faire cet après-midi. Ce sont des choses sur lesquelles nous continuerons à travailler avec tous nos alliés. Et ce n’est certainement pas seulement un problème américain, c’est un problème de l’Otan », a-t-il dit, sans livrer plus détails.

En attendant, les 14 F-16 « Viper » commandés en 2018 pour 1,6 milliard de dollars arriveront en Slovaquie avec un an de retard par rapport au calendrier prévu, le premier appareil devant être livré en 2024. Et cela, en raison de problèmes d’approvionnement dus à la pandémie de covid-19 et de la pénurie mondiale de semi-conducteurs.