La Turquie dévoile son nouveau drone furtif supersonique, le Bayraktar Kizilelma

Star des drones de combat sur les champs de bataille ukrainiens, la firme Bayraktar revient avec un modèle furtif, propulsé par un turboréacteur. Le drone est même motorisé par les Ukrainiens. Le prototype de l’aéronef vient d’être présenté sur un salon de l’aéronautique en Turquie. 

La guerre en Ukraine a démontré l’importance de l’utilisation des drones. Parmi eux, il y a le célèbre Bayraktar TB2 dont les louanges ont même été chantées par la propagande ukrainienne. Son petit frère le Mini-Bayraktar, spécialisé dans l’observation, est également présent au-dessus des champs de bataille.

Espérons que cette guerre s’achève avant l’arrivée du dernier opus du constructeur truc Bayrak, avec le Bayraktar Kizilelma. Le second prototype de ce drone vient d’être présenté pour la première fois au Teknofest Black Sea, un salon de l’aéronautique qui se tient actuellement en Turquie.

Avec ce drone, c’est un changement radical de catégorie qu’opère la firme. L’aéronef, qui devrait faire son vol inaugural début 2023, sera furtif et doté d’un turboréacteur pouvant le pousser à près de 980 km/h en croisière à plus de 12.000 mètres d’altitude avec une pointe à Mach 1. Côté architecture, le drone fait penser aux lignes du fameux F-35 américain, avec deux empennages verticaux et deux plans canard à l’avant. Son autonomie sera moindre que le TB2, puisque au lieu de 24 heures d’endurance, il sera limité à 5 heures.

Un drone furtif supersonique

Avec sa vélocité, son usage reste néanmoins différent et l’aéronef sera capable d’évoluer avec les capacités d’un avion de chasse, tout en restant furtif. La firme explique que l’aéronef sera doté d’une maniabilité « agressive » pour pouvoir mener de façon autonome des manœuvres d’évitement ou de combat rapproché grâce à son IA embarquée.

Autrement dit, sur le papier, il serait capable d’affronter un avion de chasse. Il pourra également être employé en tant qu’ailier d’un avion de combat piloté. Même si le choix de la motorisation avait été pris avant l’invasion russe de l’Ukraine, c’est un turboréacteur ukrainien qui propulsera le drone. Il s’agira du Ivtchenko-Progress AI-25, un réacteur de conception soviétique qui équipe toujours l’avion d’entraînement tchécoslovaque Aero L-39 Albatros.

Le Bayraktar Kizilelma pourra embarquer jusqu’à 1,5 tonne de munitions et de charge utile. Sa masse maximale sera de 3,5 tonnes, ainsi ce drone promet d’être plus massif qu’un MQ-9 Reaper. Il pourra emporter des missiles air-air, air-sol et des missiles de croisière, avec la possibilité de les placer en soute pour conserver sa furtivité.

Autre particularité, le drone sera capable de décoller et de se poser sur un porte-avions, sans nécessiter de catapulte. Le premier vol du prototype baptisé MİUS volera à une vitesse proche de celle du son, mais les prochains modèles seront supersoniques.