Les peuples d’Amazonie menacés par le coronavirus

Les peuples d’Amazonie menacés par le coronavirus

Le nouveau coronavirus est une source de préoccupation pour les peuples indigènes d’Amazonie, qui ont déjà beaucoup souffert au contact du monde extérieur.

Par le passé, les maladies amenées par les colonisateurs européens ont décimé près de 95% des autochtones d’Amérique. Pour se protéger d’un nouveau coronavirus qui pourrait causer beaucoup de pertes, les groupes autochtones du Brésil, de la Colombie, de l’Equateur et du Pérou ont pris des mesures. Ils ont notamment interdit l’entrée de visiteurs venus de l’extérieur dans les territoires indigènes.

«En ce moment, le gros problème est d’empêcher ce virus d’atteindre les villages. Si ce virus s’infiltre dans les villages, il causera une énorme quantité de morts», a alerté dans le Guardian Sofia Mendonça, médecin de la santé publique.

Elle a rappelé l’impact terrible de maladies hautement infectieuses telles que la rougeole, la variole et la grippe. Leurs effets ont été dévastateurs chez les populations autochtones. «Nous parlons d’un véritable génocide», a-t-elle ajouté, évoquant le risque que représente une épidémie de Covid-19. 

«UNE MENACE POUR NOTRE SANTÉ ET NOTRE VIE»

La question des autochtones de retour chez eux est un autre problème. S’ils ne sont pas testés ou mis en quarantaine, ils risquent de ramener le nouveau coronavirus.

Le docteur Mendonça a également pointé du doigt la gestion des étrangers qui travaillent dans les mines d’or sauvages. Selon elle, il est primordial de «sortir ces gens des zones [indigènes], les chances de contagion sont bien plus grandes».

L’Assemblée des Peuples Indigènes du Brésil (APIB), qui avait organisé en janvier une grande rencontre de dizaines de caciques venus de toute l’Amazonie pour se mobiliser contre la politique environnementale du président Jair Bolsonaro, a été contrainte d’annuler plusieurs rassemblements.

Le chef d’Etat brésilien a fait des coupures dans le système de santé indigène depuis son arrivée au pouvoir, présice le Guardian. Il ne pourrait pas faire face à une telle crise sanitaire.

«La situation des indigènes est très délicate, surtout pour les peuples isolés», déplore Maria Baré, 40 ans, leader communautaire du peuple Baré, qui s’est établi sur les rives du Rio Negro, un autre affluent de l’Amazone. «Qu’il s’agisse du Covid-19 ou de toute autre maladie à laquelle on n’a pas encore été exposé, c’est une menace pour notre santé et notre vie», conclut-elle.

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