France : un accord signé pour favoriser l’insertion des jeunes délinquants dans l’armée

France :  un accord signé pour favoriser l’insertion des jeunes délinquants dans l’armée

« Les armées sont faites pour faire la guerre, non pour participer prioritairement à l’éducation de la jeunesse délinquante », avait lancé le général Lecointe, alors chef d’état-major des armées [CEMA], en répondant à une question concernant l’idée d’un encadrement de jeunes délinquants par des militaires, évoquée quelques jours plus tôt par Éric Dupont-Moretti, le ministre de la Justice.

À l’antenne de RMC/BFMTV, ce dernier avait en effet émis son souhait d’établir un partenariat entre son ministère et celui des Armées pour mettre en place un dispositif permettant d’encadrer « certains » jeunes délinquants.

« Actuellement, l’armée accueille des jeunes, souvent déshérités. Elle leur propose une formation, ils sont payés, et à l’issue de la formation, on offre le permis de conduire au gamin, et je souhaiterais que le ministère de la Justice puisse intervenir dans ce processus », avait expliqué le Garde des Sceaux, en faisant une allusion au Service militaire volontaire [SMV] ainsi qu’au Service militaire adapté [SMA].

Reste que le général Lecointre n’avait pas caché son scepticisme devant les sénateurs. « Former de jeunes délinquants au combat pour ensuite les renvoyer dans la société civile me laisse très circonspect », avait-il dit. Toutefois, avait-il poursuivi, « nous sommes prêts à discuter avec le ministère de la justice pour identifier les savoir-faire militaires et les capacités d’éducation propres aux armées qui pourraient être utiles à l’éducation de la jeunesse ». Mais rien de plus. « En tout état de cause, les armées sont aujourd’hui calibrées pour être engagées en opérations extérieures ou intérieures », avait-il fait valoir, en rappelant, au passage, que de telles initiatives conduites par le passé n’avaient guère donné de résultars probants

Quoi qu’il en soit, près d’un an plus tard, M. Dupont-Moretti a fini par obtenir ce qu’il voulait, les ministères de la Justice et des Armées ayant signé, le 27 juillet, un « protocole afin de favoriser l’insertion sociale et professionnelle de jeunes Français confiés par l’autorité judiciaire à la PJJ [Protection judiciaire de la jeunesse] ».

Ainsi, il s’agit d’une « démarche conjointe en en faveur de l’insertion de mineurs ou de jeunes majeurs ayant besoin d’accompagnement et de soutien, afin de leur permettre de construire un nouveau projet professionnel », précise le communiqué publié à cette occasion.

Cette coopération va s’articuler autour de trois axes. Le premier vise à améliorer la « connaissance mutuelle » de la PJJ et des Armées, via un partage d’informations, la mise en place de référents, la visite d’unités, la présentation des formations et métiers militaires et des propositions d’orientation ciblée. Le second porte sur la valorisation des « dispositifs existants ». Là, il est question de « favoriser les passerelles entre la PJJ et le SMV » ainsi que « d’étudier le développement des Travaux d’Intérêt général dans le domaine des armées ». Un point qui aurait mérité d’être développé davantage…;

Enfin, le dernier axe consistera à « expérimenter de nouveaux domaines d’action », comme la création d’un « parcours d’inspiration militaire dans le projet pédagogique d’un établissement de la PJJ ».

« Les ministères des Armées et de la Justice sont résolument engagés en faveur d’une meilleure insertion de la jeunesse française, chacun selon ses prérogatives et spécificités. Ce protocole doit permettre de créer des solutions innovantes et bénéfiques pour des jeunes en difficultés », est-il souligné dans le communiqué.

Cela étant,  si elle s’occupe des mineurs délinquants, la PJJ est également chargée du suivi des « mineurs en danger ».

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