Impossible de stocker l’excès de gaz?, Gazprom continue de livrer l’Europe vi l’Ukraine ce samedi

Gazprom va finalement continuer de livrer du gaz à l’Europe, via l’Ukraine, annonce le géant gazier russe, après avoir annoncé que les livraisons vers l’Allemagne via Nord Stream 1 ne reprendraient pas comme prévu.

Gazprom va livrer ce samedi 3 septembre 42,7 millions de mètres cubes de gaz à l’Europe via l’Ukraine, a déclaré le géant gazier russe, quelques heures après avoir annoncé que les livraisons vers l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream 1 ne reprendraient pas comme prévu.

Le débit au point d’entrée de Soudja, à la frontière entre la Russie et l’Ukraine, était légèrement supérieur à son niveau de vendredi mais pas suffisant pour compenser les volumes qui étaient attendus via Nord Stream 1.

La Russie a annoncé vendredi que le gazoduc Nord Stream 1, qui passe sous la mer Baltique pour relier la Russie à l’Allemagne et à d’autres pays d’Europe occidentale, ne redémarrerait pas comme prévu ce samedi, en raison d’une fuite d’huile détectée au cours des opérations de maintenance des derniers jours. Moscou réagit ainsi à la décision annoncée vendredi par les pays du G7 de viser la manne énergétique de la Russie en convenant de plafonner le prix de son pétrole.

Le groupe allemand Siemens Energy, qui assure habituellement des opérations de maintenance sur les turbines de Nord Stream 1 mais n’a pas été associé cette fois aux travaux menés par Gazprom, a estimé que la fuite signalée par le groupe russe ne justifiait en rien l’arrêt du gazoduc.

L’Europe prête à résister à une coupure totale

Le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni a assuré que l’Union européenne était “bien préparée” en cas d’arrêt total des livraisons de gaz russe, grâce au stockage et aux mesures d’économie d’énergie.

“Nous sommes bien préparés à résister à l’utilisation extrême de l’arme du gaz par la Russie”, a-t-il déclaré devant la presse en marge du forum économique organisé par The European House – Ambrosetti à Cernobbio, sur le lac du Côme.

“Nous n’avons pas peur des décisions de Vladimir Poutine, nous demandons aux Russes de respecter les contrats, mais s’ils ne le font pas, nous sommes prêts à réagir”, a-t-il souligné.

Vers un plafonnement du gaz?

En outre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait estimé vendredi qu'”il serait temps” de mettre en place un plafonnement du prix du gaz importé par gazoduc depuis la Russie, appuyant ainsi une mesure prônée par le Premier ministre italien Mario Draghi.

Dans l’Union européenne, “le stockage de gaz est actuellement à environ 80%, grâce à la diversification des fournitures”, même si la situation diverge d’un pays à l’autre, a indiqué M. Gentiloni.

Bruxelles “a fait beaucoup ces derniers mois” mais “aujourd’hui, il est possible de faire plus”, car “le mur de divisions qui a bloqué l’action de la Commission ces derniers mois présente de nombreuses brèches”, s’est félicité le commissaire européen.

L’objectif est de “poursuivre la stratégie d’une Europe unie qui travaille contre l’invasion de l’Ukraine en utilisant l’arme économique”, a-t-il expliqué.

“Nous ne participons pas à la guerre, nous ne participons pas à l’escalade militaire”, mais “nous soutenons l’Ukraine” et “nous devons le faire maintenant plus efficacement”, a-t-il insisté.

(Avec Reuters et AFP)