Les Américains exportent désormais plus de gaz en Europe que les Russes

C’est un point de bascule majeur dans le marché énergétique mondial. Pour la première fois de l’histoire, les exportations de gaz naturel des États-Unis en Europe sont maintenant supérieures à celles de la Russie, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIÉ).

Comme on peut le constater sur ce graphique, en juin, les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis sur le marché européen — acheminées par bateau à partir du Golfe du Mexique — y ont surpassé les expéditions de gaz russe par l’entremise de gazoducs.

Le point de bascule s’est produit aux environs de livraisons de cinq milliards de mètres cubes (billion cubic meters ou BCM, en anglais) de gaz naturel.

Ce croisement des courbes des volumes tient bien entendu à l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, depuis le 24 février.

À la suite de cette attaque, les pays occidentaux — mais surtout européens — ont imposé plusieurs sanctions économiques à la Russie, à commencer par une diminution importante de ses livraisons de gaz naturel en Europe.

Depuis le début de l’invasion, les exportations de gaz russe y ont chuté de moitié, selon les données de l’AIÉ. Pendant ce temps, les expéditions de GNL des États-Unis vers l’Europe ont légèrement augmenté.

L’Europe veut s’affranchir du gaz naturel russe

Et elles sont appelées à augmenter davantage. En mars, l’Union européenne (UE) a signé une entente avec États-Unis pour de nouveaux approvisionnements gaziers totalisant 15 BCM en 2022, selon l’agence Bloomberg.

En mars, la Commission européenne (l’organe exécutif de l’UE) a pour sa part indiqué vouloir réduire des deux tiers les importations européennes de gaz russe en 2022, et ce, pour s’en affranchir complètement d’ici 2030.

Pour mettre les choses en perspective, avant l’invasion de l’Ukraine, la Russie exportait environ 150 BCM de gaz naturel par année en Europe par l’entremise de gazoducs, en plus de 14 à 18 BCM de GNL – pour un grand total de 164 à 168 BCM par année.

Pour compenser le déclin durable de ses exportations en Europe, la Russie compte vendre de plus en plus son gaz naturel en Asie, notamment en Chine, un pays qui a d’importants besoins énergétiques.