« Les États-Unis interpellent : vers une réévaluation des relations avec le Cameroun après l’élection »

trump et biya

Yaoundé, 6 novembre 2025 – Dans un contexte d’élection présidentielle contestée, la relation entre Cameroun et la États‑Unis entre en zone de turbulence.

Les États-Unis ont exprimé leur préoccupation face aux récents développements politiques au Cameroun, notamment lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 et des violences qui ont suivi.

Une réaction américaine peu diplomatique

Le 4 novembre 2025, le sénateur républicain Jim Risch (Idaho), président de la commission des relations étrangères du Sénat américain, a publié un message sur la plateforme X dans lequel il qualifie la réélection du président Paul Biya de « parodie ». Il affirme que « le régime Biya corrompu pourchasse ses opposants politiques, autorise des activités de la société Wagner et crée un terrain pour que Boko Haram et l’ISIS prospèrent ». Il conclut : « Le Cameroun n’est pas un partenaire des États-Unis. Il est temps de réévaluer cette relation avant que les retours négatifs ne soient pires. »

À ce jour, rien n’indique que l’administration américaine ait formellement imposé de sanctions nouvelles ou rompu les liens diplomatiques, mais la posture affichée marque un changement notable dans le ton vis-à-vis du Cameroun.

Le contexte électoral et les violences

Le président Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, a été déclaré vainqueur avec 53,66 % des voix selon la commission constitutionnelle, face à l’opposant Issa Tchiroma Bakary (35,19 %).

Mais l’annonce s’est accompagnée de manifestations, particulièrement dans les grandes villes comme Douala et Garoua, où des forces de sécurité ont fait usage de tirs à balles réelles et de violences contre les civils. Selon deux sources de l’Nations Unies, au moins 48 civils ont été tués dans cette répression.

La position de l’ambassade américaine

Avant même l’élection, l’ambassade des États-Unis à Yaoundé avait émis des alertes de sécurité auprès de ses ressortissants, les invitant à « éviter les rassemblements », « ne pas participer aux manifestations » et « porter une vigilance accrue en période post-électorale ».

Par ailleurs, en juillet 2025, l’ambassade avait publié un communiqué soulignant que « des élections libres, justes, pacifiques et inclusives sont la pierre angulaire de la gouvernance démocratique et de la stabilité au Cameroun et en Afrique centrale ».

Implications pour les relations bilatérales

La déclaration du sénateur Risch et le ton plus critique adopté par certains cadres américains ouvrent plusieurs scénarios :

  • Le Cameroun pourrait voir un raffermissement des exigences de Washington en matière de droits de l’homme, de transparence électorale et de liberté d’expression.
  • La coopération en matière de sécurité — notamment dans la lutte contre les groupes terroristes dans la région du lac Tchad — pourrait être davantage conditionnée à des résultats concrets de réforme.
  • L’atmosphère tendue pourrait affecter l’investissement américain et l’aide au développement, alors que certaines ONG locales alertent déjà sur les effets des coupes et du retrait progressif de financements.

Que peuvent attendre les lecteurs africains ?

Pour le public de vosreponses.com, cette évolution américaine signifie :

  • Une occasion de suivre de près les décisions à Washington qui pourraient impacter les relations économiques et sécuritaires avec le Cameroun.
  • Un signal fort que la surveillance internationale s’affine et que les engagements de démocratie ne sont plus seulement formels.
  • Un possible effet domino sur d’autres pays francophones d’Afrique centrale où la question de la longévité des dirigeants et de la liberté électorale est souvent soulevée.