Quand j’ai quitté mon village, tout le monde a cru connaître la raison. Les uns disaient que je cherchais une meilleure vie, d’autres pensaient que je fuyais la pauvreté ou le manque d’opportunités. La vérité est bien différente, et jusqu’à aujourd’hui, je ne l’ai jamais expliquée à personne.
Ce que les gens pensent
Dans les villages, les départs sont toujours commentés. On invente des histoires, on donne des raisons qui arrangent tout le monde. J’ai laissé les gens parler, car leur version était plus simple à accepter que la mienne. Elle ne posait pas de questions gênantes.
Ce qui m’a poussée à partir
Mon départ n’était pas une décision soudaine. Il a été le résultat d’un malaise profond, d’un sentiment d’étouffement que je ressentais depuis longtemps. Chaque jour, je me sentais un peu plus à l’étroit, comme si ma vie était déjà tracée sans que j’aie mon mot à dire.
Les non-dits et les blessures
Il y a des choses qui se passent dans les villages et dont on ne parle jamais. Des paroles blessantes, des attentes écrasantes, parfois même des situations injustes que l’on doit accepter en silence. Ces non-dits ont fini par peser lourd sur mon cœur.
Le jour du départ
Le jour où je suis partie, personne n’a vu mes larmes. J’ai souri, j’ai fait semblant d’être enthousiaste. À l’intérieur, j’étais partagée entre la peur de l’inconnu et le soulagement de partir enfin. Ce départ était à la fois une fuite et une tentative de survie.
La vie après le village
La ville n’a pas été facile. J’ai connu la solitude, les difficultés, les moments de doute. Mais j’ai aussi découvert une liberté nouvelle. Pour la première fois, je pouvais être moi-même, sans le poids constant du regard des autres.
Pourquoi je n’ai jamais expliqué
Expliquer aurait nécessité de remuer des souvenirs douloureux. J’ai préféré garder cette vérité pour moi, pensant que le temps finirait par apaiser les blessures. Mais certaines histoires restent vivantes tant qu’elles ne sont pas racontées.
Conclusion
Quitter mon village n’était pas un rejet de mes origines, mais un acte de courage. Cette confession est une manière de réconcilier mon passé et mon présent. Peut-être que d’autres comprendront qu’on peut aimer d’où l’on vient tout en choisissant de partir.

