Le sous-marin nucléaire russe apocalyptique entame ses premiers essais en mer

Le sous-marin nucléaire russe à usage spécial Belgorod du projet 09852 a commencé les essais en mer du constructeur, a déclaré à TASS une source de l’industrie de la construction navale en marge du Salon international de la défense maritime 2021.

“Le 25 juin, le sous-marin nucléaire de Belgorod s’est rendu pour la première fois en mer, pour les essais en mer du constructeur”, a-t-il déclaré. Selon la source, les essais d’État commenceront une fois les essais du fabricant terminés. “Le sous-marin nucléaire doit être remis au donneur d’ordre fin 2021”, a-t-il déclaré.

Le service de presse du chantier naval Sevmash s’est abstenu de tout commentaire sur la question. Auparavant, une source proche du ministère russe de la Défense avait déclaré que le sous-marin nucléaire à usage spécial devait entrer en service dans la flotte russe du Pacifique.

Le Belgorod est le premier transporteur de l’engin sous-marin stratégique sans pilote Poséidon. Il doit livrer une frappe nucléaire de représailles à l’adversaire potentiel au cas où il attaquerait en premier. Le Belgorod a été lancé le 23 avril 2019.

Belgorod apportera de nouvelles capacités à la marine russe. Exploité pour le compte de la direction secrète de la recherche sous-marine (GUGI), le sous-marin pourrait être au cœur des capacités de collecte de renseignements de la Russie. Pourtant, elle porte également une nouvelle arme stratégique, connue sous le nom de Poséidon.

Deux rôles pour un sous-marin

Belgorod, son objectif, présente aux analystes occidentaux une énigme. Elle combinera deux rôles apparemment contradictoires. Le premier est en tant que sous-marin hôte « navire-mère » pour les sous-marins miniatures à propulsion nucléaire à plongée profonde. Ceux-ci sont capables de travailler sur des câbles et d’autres objets sur le fond marin. La préoccupation au sein de l’OTAN est que ceux-ci pourraient inclure les câbles Internet sous-marins reliant les pays occidentaux. C’est ce qu’on appelle une « mission spéciale » dans le jargon de la marine (qui est plein d’euphémismes pour des activités secrètes).

Le deuxième rôle est celui de la frappe et de la dissuasion nucléaires. Pour cela, elle sera armée de six torpilles Poséidon ‘2м39′. Il s’agit d’une toute nouvelle catégorie d’armes qui n’est déployée par aucune autre marine. Ils ont été décrits comme des «torpilles autonomes nucléaires intercontinentales à propulsion nucléaire». À plus de 20 mètres (65 pieds) de long, ce sont en fait des drones sous-marins géants avec une portée pratiquement illimitée et une ogive nucléaire. Et leurs performances attendues (environ 70 nœuds et 1000 mètres de profondeur) ne permettent pas de les contrer avec les armes existantes.

Ces deux rôles sont perçus comme contradictoires car jouer l’un peut compromettre l’autre. Le rôle de dissuasion nucléaire exige de rester caché et hors de danger. Alors que la « mission spéciale » peut l’emmener dans un danger potentiel. Et quel rôle sera le principal n’est pas clair non plus.

Source : https://tass.com/