Baltique : La Russie a lancé des manoeuvres militaires dans le secteur de Kaliningrad

Depuis le début de l’invasion de l’est de l’Ukraine par la Russie, l’Otan a renforcé sa présence dans la région de la Baltique, avec l’envoi de troupes supplémentaires en Pologne, en Lituanie, en Estonie et en Lettonie, dans le cadre de sa « présence avancée rehaussée » [eFP – enhanced Forward Presence], laquelle repose sur quatre groupements tactiques multinationaux. En outre, l’organisation y a également déployé des moyens navals et aériens supplémentaires.

Pour rappel, la protection de l’espace aérien des pays baltes relève de l’Otan, via la misson « enhanced Air Policing » [eAP], à laquelle participent actuellement quatre Mirage 2000-5 du Groupe de chasse 1/2 Cigones, basés à Amari [Estonie]. Dans le même temps, des missions dites de « vigilance renforcée » sont effectuée quotidiennement en Pologne. L’armée de l’Air & de l’Espace y prend aussi part, via des patrouilles de Rafale [Combat Air Patrol, CAP] ainsi que via l’envoi d’avions ravitailleurs et des missions de détection et de contrôle, assurée par des E-3F Awacs.

Ce renforcement de la posture de l’Otan dans la région – et donc dans les environs immédiats de l’enclave russe – et fortement militarisée – de Kaliningrad n’est évidemment pas vu d’un bon oeil par Moscou.

Pour rappel, le territoire de Kaliningrad est coincé entre la Lituanie et la Pologne. Il est séparé de la Biélorussie par le passage de Suwalki, qui, long de seulement 60 km, est le seul accès terrestre reliant les pays baltes aux autres pays de l’Otan et de l’Union européenne. En outre, la Russie y a déployé des capacités d’interdiction et de déni d’accès [A2/AD] reposant sur le système de défense aérienne S-400 et des batteries côtières équipées de missiles Bastion et Sepal. De même que des missiles balitistiques Iskander. En février, des MiG-31K, potentiellement armés de missiles hypersoniques Kinjal, y ont été repérés. De quoi menacer la majeure partie des capitales européennes…

Quoi qu’il en soit, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Grouchko, a adressé une mise en garde contre « toute action potentielle » qui pourrait être tentée contre Kaliningrad.

« J’espère vraiment que le bon sens en Europe ne permettra pas que des jeux soient lancés autour de Kaliningrad », a déclaré le responsable russe à l’agence Tass, le 6 avril. « Je pense que beaucoup comprennent que ce serait jouer avec le feu », a-t-il insisté.

Pour Moscou, le territoire de Kaliningrad est important pour au moins deux raisons. La première est qu’il est le dernier vestige de la période soviétique dans la région, en plus d’être un symbole de premier ordre de la victoire sur l’Allemagne nazie [Kaliningrad – ou Königsberg – ayant été la capitale de la Prusse orientale]. Quant à la seconde, elle tient au fait que sa possession permet à la Russie d’assoir sa position dans la Baltique.

Aussi, ce 9 avril, Moscou a indiqué que les unités de l’aviation navale russe basée à Kaliningrad ont été engagées dans un exercice « nocturne », ayant impliqué une vingtaine d’avions Su-27 « Flanker » et Su-24 « Fencer ».

Les pilotes ont simulé des attaques « sur des cibles aériennes et terrestres » et la « destruction de postes de commandement et d’équipements d’un ennemi factice. Une attention particulière a été portée […] aux manoeuvres offensives et défensives », a précisé l’état-major russe. « L’objectif principal de ces vols est de vérifier l’état de préparation du personnel à effectuer des tâches de combat et spéciales comme prévu, ainsi qu’à élaborer de nouvelles tactiques », a-t-il justifié.

Un autre exercice, effectué deux jours plus tôt, avait mobilisé les unités mettant en oeuvre le système de défense aérienne S-400 dans la région de la Baltque. Ces « manœuvres ont impliqué 20 pièces d’équipement et plus de 100 militaires. […] Elles ont consisté à repousser l’attaque d’un ennemi factice », a expliqué un communiqué de la Flotte russe de la Baltique.

Enfin, des manoeuvres navales, impliquant une quinzaine de bâtiments, dont au moins deux navires lance-missiles, ont été lancées le 7 avril.

Source : OPEX 360