Comment les armes nucléaires ont assuré en permanence l’indépendance de la France

Comment les armes nucléaires ont assuré en permanence l’indépendance de la France

Autrefois l’Europe avait tremblé sous le piétinement des bottes françaises ; deux fois Paris était tombé aux mains d’un ennemi ; trois fois la France avait succombé à l’invasion. Avant la Seconde Guerre mondiale, la France, comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne, a ouvert la voie dans le domaine de la science nucléaire, en s’appuyant sur les travaux de la famille Curie. Frédéric Joliot-Curie met en place le premier cyclotron ou accélérateur de particules en Europe et réussit avec Lew Kowarski à créer une réaction de fission dans l’uranium au début de 1939, peu après la découverte du phénomène.

L’intérêt de la France pour la science nucléaire était d’abord une quête d’une source d’énergie plus qu’une arme – une nation industrielle avait besoin de carburant pour alimenter ses usines d’armement. Joliot-Curie a demandé au gouvernement de l’argent et certaines matières rares : minerai d’uranium et « eau lourde ». Le minerai provenait discrètement d’une entreprise minière belge possédant une mine au Congo, mais l’eau lourde – de l’eau dans laquelle les atomes d’hydrogène ordinaires sont remplacés par des atomes de deutérium deux fois plus lourds – provenait de Norvège, un pays menacé par l’Allemagne nazie.

À peine les agents français ont-ils assuré l’approvisionnement mondial en eau lourde que la France est tombée en mai 1940. L’uranium est allé au Maroc et l’eau lourde en Grande-Bretagne, où il a été utilisé dans des expériences cruciales qui ont conduit au projet Manhattan. Une fois au Canada, Bertrand Goldschmidt, collègue de Joliot-Curie, a mis au point le procédé chimique pour séparer le plutonium du combustible à l’uranium. Bien que les Joliot-Curie soient restés en France, ils n’ont pas collaboré et ont aidé la mission alliée ALSOS à localiser et à sécuriser le matériel de recherche nucléaire allemand.

Mais les soupçons américains sur les croyances communistes de certains scientifiques français, ainsi que la réticence à partager la bombe avec une autre nation, ont entravé la collaboration nucléaire française d’après-guerre. Le général Leslie Groves, chef du projet Manhattan, a ordonné que leurs conversations soient mises sur écoute à Londres. Après que la France, à la demande de Frédéric Joliot-Curie, ait établi son autorité civile en matière d’énergie nucléaire en octobre 1945, le général Groves a à contrecœur autorisé Goldschmidt, Kowarski et d’autres à transmettre ce qu’ils savaient de leurs efforts canadiens en temps de guerre.

L’effort nucléaire français avançait adroitement par petits pas malgré tout ce bruit de fond. Le premier réacteur, ZOE 1 est devenu critique en 1948, une usine d’extraction de plutonium a démarré en 1949 et, en une décennie, la France a produit à la fois des kilogrammes de plutonium et des mégawatts d’électricité chaque année. Au début des années 1960, la France était autosuffisante en combustibles nucléaires.

Mais le désir de la bombe hésitait avec la volonté politique française et la politique de la guerre froide. Un large soutien au Parti communiste français et une jalousie naturelle enflammèrent les sentiments gaulois à propos de la « relation spéciale » entre l’Amérique et la Grande-Bretagne. Dien Bien Phu, la défaite catastrophique de 1954 des forces françaises par le Viet Minh dans le nord du Vietnam, a sonné le glas de l’empire colonial français.

En décembre 1954, le Cabinet autorisa le développement d’une bombe atomique ; mais ce n’est que lorsque la France a subi une nouvelle humiliation que quelqu’un s’empare de l’arme. Après la crise de Suez de 1956, au cours de laquelle la pression américaine sur la Grande-Bretagne a forcé sa sortie d’un effort conjoint franco-britannique-israélien pour reprendre le canal de Suez à l’Égypte, la campagne française pour la bombe s’est accélérée. L’élection du général Charles de Gaulle et l’instauration de la Ve République en 1958 ont donné un nouvel élan à l’élan. « Un grand État, a-t-il dit, qui ne les possède pas [les armes nucléaires], alors que d’autres en possèdent, ne commande pas son propre destin.

Comme les États-Unis et le Royaume-Uni, la France a cherché à l’étranger de grands terrains vacants pour tester ses armes nucléaires. Après avoir brièvement examiné des sites dans les Alpes et en Corse, l’oasis algérienne reculée de Raggane, au fond du désert du Sahara, a été désignée Centre saharien d’expérimentations militaires (CSEM). À partir de 1957, toute l’infrastructure de l’entreprise nucléaire est apparue en modèles ordonnés dans le désert. Pas de fort de Beau Geste en lambeaux, le CSEM a soutenu ses dix mille personnels avec un aéroport, des casernes, des laboratoires, des magasins, des stations de communication, des centrales hydrauliques et électriques.

Le premier test, nommé de code Gerboise Blue (“Blue Sand Rat”), comme les deux tests atmosphériques suivants, a été monté au sommet d’une tour en acier de trois cents pieds de haut, un peu comme le premier test américain Shot Trinity. Le 13 février 1960, Gerboise Blue a produit une soixantaine de kilotonnes à partir de son noyau de plutonium en lévitation – le premier test le plus important jamais réalisé et un record qui tient toujours. Les tirs de Gerboise Blanc et Gerboise Rouge ne se sont pas approchés du rendement de Gerboise Blue, mais après un test, un commandant patriote et téméraire a conduit ses troupes en short à travers du sable vitrifié jusqu’au point zéro pour planter le drapeau tricolore.

If Gerboise Verte (scuttled in a sub-kiloton fizzle to prevent its capture) was silly, then the rest of the French effort was decidedly not. By 1966, the year de Gaulle pulled France out of NATO, his country could deliver five-hundred-kiloton boosted-fission warheads via Mirage IV supersonic bombers to much of the Warsaw Pact without asking permission from anyone.

France left Algeria for the South Pacific in 1966, leaving behind one radioactive mess to make another. Decades later evidence would surface revealing that contamination of the Sahara and Sahel were far more widespread than acknowledged. Shot Beryl, an underground 1962 test at In Akker, so contaminated the area that the first camp and galleries were abandoned and paved over, and the area remains radioactive today. Two uninhabited coral atolls, Mururoa and Fangataufa would in turn become uninhabitable.

The development of thermonuclear weapons earned France a seat at the big table. Additionally, the test of the Shot Canopus in 1968, which was a true hydrogen bomb, yielded 2.6 megatons from a three-ton device suspended two thousand feet above the lagoon on a balloon. Led by Roger Dautray, French weaponeers had mastered the complex techniques of radiation implosion: using a fission bomb’s immense intensity of light—light as dense as molten steel—to compress and heat hydrogen fuel to starlike conditions.

Though much about the French H-bomb is still obscure, we know that further refinements in bomb design were explored; an enriched uranium tamper (a heavy shell to contain the explosion briefly) produced so much fallout that Fangataufa Atoll remained off-limits to humans for six years after the test. One 1974 test exposed the population of Tahiti to five hundred times the safe yearly amount of radiation.https://dadaf44b4a85c4bc774b22b8362cf76c.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

By the 1980s France possessed both a vibrant civil nuclear power industry but also robust nuclear military might. The formerly energy-poor nation now sold electricity at a profit to its neighbors and fielded a full nuclear triad. President Mitterand could count on French Air Force bombers and ballistic missiles, Army tactical nukes and French Navy ballistic-missile subs to back up any move he made in concert with other Western powers.

The Force de Frappe (“Strike Force”) has a potent punch but a limited one. Though believed to be the world’s third largest, France’s arsenal—around three hundred warheads—is still dwarfed by U.S. and Russian stockpiles. But France has long seen its nuclear doctrine as not “make the rubble bounce,” but “tear his arm off.” 

Such focused ruthlessness in defense of the state cost a life and diplomatic relations in 1985, when French intelligence agents sabotage the Rainbow Warrior in New Zealand waters.

After a very controversial series of underground tests in the Pacific France ended its nuclear testing for good and signed the Comprehensive Test Ban Treaty in 1998. With transatlantic alliances now in question the French president has reason to thank his predecessors for the bomb that gives France its independence. He or she also must rue the consequences as old debris and old injury poison the present.

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