L’Égypte a reçu son quatrième sous-marin. Le barrage de la renaissance éthiopienne est-il en danger

L’Égypte a reçu son quatrième sous-marin. Le barrage de la renaissance éthiopienne est-il en danger

Il y a des ventes d’armes à l’Égypte qui font moins de tapage que d’autres… Comme celle de quatre sous-marins de type 209/1400, laquelle a fait l’objet de deux contrats notifiés en 2011 et en 2014 par le Caire auprès du groupe allemand ThyssenKrupp Marine Systems [TKMS]. Le tout pour un montant total de 1,4 milliard d’euros.

Pour rappel, la seconde commande fut signée alors que Sigmar Gabriel, alors ministre allemand de l’Économie, avait défendu l’idée que l’Allemagne ne devait plus vendre des équipements militaires à des pays en proie à l’instabilité politique [et, sur ce point, le président Morsi avait renversé par l’armée égyptienne un an plus tôt…] et/ou ne respectant pas les droits de l’Homme.

Quoi qu’il en soit, le premier sous-marin de type 209/1400 fut livré à la marine égyptienne en 2017. Et le dernier – le S44 – vient de rejoindre officiellement la base navale d’Alexandrie, près de neuf mois après son lancement au chantier naval de Kiel. C’est en effet ce qu’a annoncé, l’état-major égyptien, le 2 août.

« L’Égypte a reçu les quatre sous-marins au cours de la période 2017-2021, ce qui reflète la profondeur des relations qui unissent le gouvernement de la République arabe d’Égypte et le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne », a-t-il souligné.

Ces quatre navires remplaceront ainsi les quatre anciens sous-marins de type Romeo que l’Égypte avait autrefois achetés à la Chine. Ceux-ci avaient la particularité d’être en mesure de tirer des missiles anti-navires UGM-84 Harpoon, de facture américaine. Ce que devraient pouvoir aussi faire ceux livrés par TKMS, en plus de mettre en oeuvre 14 torpilles de 533mm.

À propulsion diesel-électrique, le sous-marin de type 209 n’est pas le modèle le plus récent proposé par TKMS. D’une longueur de 61,2 mètres pour un diamètre de 6,2 mètres et affichant un déplacement d’environ 1’600 tonnes en plongée, il est armé par un équipage d’une trentaine de marins.

D’une autonomie de 50 jours, il n’est cependant pas équipé d’un système de propulsion anaérobie [AIP], susceptible de lui permettre de rester longtemps en immersion. Mais ce n’est pas forcément une capacité recherchée par la marine égyptienne, dont la mission consiste surtout à protéger les approches maritimes et la navigation dans le Canal de Suez.

C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé le colonel Gharib Abdel Hafez, le porte-parole des forces armées égyptiennes. L’arrivée du S44 « permettra de renforcer les capacités de combat des forces navales, de protéger les intérêts économiques en mer Rouge et en mer Méditerranée [et notamment les gisements gaziers, ndlr], et de sécuriser la navigation dans le canal de Suez », a-t-il en effet souligné.

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