Une super tempête solaire pourrait anéantir internet en 2023

Une super tempête solaire pourrait anéantir internet en 2023

Une tempête solaire extrême ou une éjection de masse coronale pourrait endommager les réseaux électriques et potentiellement provoquer des pannes d’électricité prolongées, d’après une étude.

Les conséquences de ce genre d’événement solaire, dont la probabilité d’existence est estimée entre 1,6 à 12% par décennie, atteindraient bien des domaines : transports, GPS, technologie électromagnétique et, surtout, internet. Cette nouvelle étude montre d’ailleurs que les défaillances pourraient être catastrophiques, en particulier pour les câbles sous-marins qui sous-tendent l’Internet mondial et les satellites autour de la Terre.

Sangeetha Abdu Jyothi de l’Université de Californie, a présenté lors d’une conférence son article intitulé “Solar Superstorms : Planning for an Internet Apocalypse” (en français “Super tempêtes solaires : planifier une apocalypse de l’Internet“). Dans celui-ci, elle détaille l’impact qu’aurait sur la Terre un nuage de particules solaires magnétisées qui sont dégagées en même temps que certaines éruptions solaires. Selon elle, si l’électricité reviendrait en quelques heures ou quelques jours, Internet serait gravement endommagé.

Internet pourrait-il disparaître ?

Ce sont principalement les longs câbles sous-marins qui relient les continents qui seraient impactés par une tempête solaire massive. Même si les infrastructures locales resteraient en bon état, les câbles sous-marins risqueraient de couper à la source et donc de rendre inutilisables ceux qui auraient résisté.

Ce qui m’a vraiment fait penser à cela, c’est qu’avec la pandémie, nous avons vu à quel point le monde n’était pas préparé. Il n’y avait pas de protocole pour y faire face efficacement et c’est la même chose avec la résilience d’Internet“, a déclaré Sangeetha Abdu Jyothi à Wired avant son discours. “Notre infrastructure n’est pas préparée pour un événement solaire à grande échelle. Nous avons une compréhension très limitée de l’étendue des dommages.

Si les câbles en fibre optique ne subiraient probablement pas trop de dégâts, ce sont principalement les répéteurs – qui augmentent le signal et qui sont placés tous les 50 à 150 km – qui pourraient être gravement endommagés et ainsi couper complètement les lignes.

Thomas Overbye, directeur du Smart Grid Center de la Texas A&M University, explique, selon Wired, que l’on manque d’expérience sur les tempêtes : “Certaines personnes pensent qu’une perturbation géomagnétique serait un scénario catastrophique et d’autres pensent que ce serait un événement moins majeur. Je suis un peu au milieu.

Une tempête solaire massive est-elle envisageable ?

Les tempêtes solaires sont monnaie courante mais elles n’ont pas souvent d’impact sur nous ou nos installations. Le cas évoqué dans l’étude serait une super tempête, un évènement très rare qui n’est arrivé que 3 fois dans l’Histoire récente. Notamment en 1859, l’évènement Carrington pendant lequel les aiguilles des boussoles oscillaient dans tous les sens, les lignes télégraphiques ont été impactées et des aurores boréales étaient visibles en Colombie…

On se souvient également de la tempête solaire de 1989 qui avait mis hors service le réseau d’Hydro-Québec et causé une panne d’électricité de neuf heures dans le nord-est du Canada.

L’activité faible du Soleil depuis 30 ans laissent certains scientifiques penser qu’il risque d’y avoir un évènement majeur d’ici 2023 ou 2026, fin du cycle solaire actuel. Les latitudes les plus proches des pôles sont les plus en danger. D’après cette étude, l’Asie est confrontée à moins de risques alors que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les autres pays insulaires de la région perdraient la plupart de leurs connexions longue distance.

Quelles solutions pour éviter l’effondrement d’Internet ?

Après l’annonce un peu catastrophiste, la chercheuse propose quelques solutions pour éviter qu’Internet ne disparaisse suite à une éruption solaire massive. Des mécanismes d’isolation électrique pourraient être installés aux endroits où les câbles sous-marins sont mis en terre, les nouveaux data centers devraient être construits plus espacés géographiquement les uns des autres, des tests standardisés pourraient être mis en place pour mesurer la résilience des infrastructures.

Le but de cette étude n’est pas d’alarmer à outrance mais bien de se préparer à un évènement possible pour ne pas se retrouver démunis.

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